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Non à la vente de l’immeuble de l’AFP
La vente de l’immeuble de l’AFP en crédit bail à des assureurs privés n’est pas une solution !
- Car elle ne résoud en rien le déficit inévitable que la collecte et la diffusion d’informations fiables et indépendantes à l’échelle internationale engendre dans les conditions de Mission d’Intérêt Général remplie par l’AFP conformément à son statut.
- Car au lieu d’obliger l’Etat et les patrons de presse à prendre leurs responsabilités et leurs porte-monnaies pour rémunérer à son prix une telle information, elle leur permet de se désengager plus encore en bradant à leur plus grand profit les dernières ressources de l’Agence.
- Car elle ne vise qu’à combler des dettes et non à accroître notre chiffre d’affaires : l’Agence a 66 millions d’euros de dettes cumulées et le crédit bail rapportera 40 M d’euros (alors que l’immeuble est évalué à 65 Millions) sur 12 ans ou 18 ans par tranches.
Comme rien n’est prévu pour gagner plus d’argent pour rembourser, l’immeuble est perdu dans 12 ans. Les assurances privées auront fait une bonne affaire. Ceux qui auront reçu des indémnités en bon argent pour leur passage provisoire à l’agence aussi.
On nous a déjà fait le coup avec la vente de la villa de Tokyo sous le PDG Guillaud : on a reçu près de la moitié du chiffre d’affaire de l’époque et deux ans plus tard il n’y avait déjà plus rien et bien sûr pas de revenus nouveaux non plus !
C’est assez pour s’opposer à cette mesure à très courte vue qui est en plus choquante et immorale.
On le fera par tous les moyens nécessaires, y compris la grève !
- A courte vue, car à force de mener une gestion purement comptable de l’agence, on en vient à mettre en péril le coeur même de son métier en rognant sur la couverture rédactionnelle et en cédant à la tentation d’accords de "sous-traitance" et de partenariats qui exigeraient plus de vigilance qu’on ne peut exercer.
- Choquante car elle ressemble à une estocade après tous les mauvais coups subis par les salariés et qu’elle leur a en plus été annoncée par la presse.
- Immorale parce qu’elle dispose d’un bien qui est l’unique actif corporel important de l’agence, intrinséquement lié à son histoire et son rôle d’information. Immorale aussi car ce bien appartient à l’ensemble du peuple français.
D’autres voies pourraient être explorées.
Pour faire face rapidement aux échéances financières et assurer enfin un financement perenne de l’agence lui permettant de remplir son rôle d’intérêt général reconnu encore jeudi dernier par le ministre de la culture et de la communication Jean-Jacques Aillagon devant les syndicats de l’agence, le SNJ propose que :
- Si crédit bail il doit y avoir pour assurer la poursuite de notre activité et le paiement des salaires, il soit contracté auprès d’un organisme public comme par exemple la Caisse des Dépôts et Consignations et non d’assurances privées.
Dans douze ans, sauf miracle, l’Etat sera à nouveau placé devant ses responsabilités mais le contribuable français n’aura pas été spolié.
- Pour sortir d’une des contradictions qui nous sont imposées en exigeant des performances financières sans nous en donner les moyens : proposer l’adoption d’une taxe spéciale AFP, modique, sur tous les contrats de pub contractés sur tous les médias en France.
Ce n’est que justice : nous n’avons pas droit à la pub (c’est normal) mais ce sont nos infos qui assurent la vie des régies pubs de nos clients.
Cette taxe pourrait prendre la forme d’un prélèvement de 0,4% ajouté à la TVA à 19,6% perçue sur ces contrats, étant entendu que le Trésor public agirait là comme prestataire de service (collecteur) et non comme financeur. L’indépendance de l’Agence n’en serait pas altérée.
SNJ-AFP
le 16 septembre 2003
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