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Actualités et opinions
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Quel avenir pour l’Agence ?L’Agence est à la veille de changements voire de bouleversements. C’est la seule chose à peu près sûre. Pour le reste, personne ne sait si demain l’agence sera encore appelée à remplir une mission de collecte et de diffusion de l’information dans le monde entier ou à simplement "agréger" des informations de sources diverses pour un produit multimédia destiné aux sites internet. L’information telle que nous la comprenons aujourd’hui encore est celle que les "pères fondateurs" de l’AFP considéraient comme prélude et condition sine qua non de la connaissance, indispensable à l’exercice d’une citoyenneté responsable dans une société démocratique civilisée. La représentante de l’Etat a annoncé au cours du CA du 22 octobre, une volonté d’en finir avec le statut de 1957 et l’arrêt du soutien indirect de l’Etat à l’agence et à l’ensemble de la presse française, via la "Convention" qui régit les abonnements du secteur public. Pour la première fois depuis très longtemps, 2008 aura été une année où les abonnements de l’Etat n’auront pas été augmentés d’un sou, malgré une inflation de 3% et l’amélioration de la qualité des textes, images et techniques fournis. Sans parler des effets déjà perceptibles par l’agence de la crise financière, en raison de désabonnements. De plus, dans le nouveau COM, qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2009, l’augmentation de la "Convention" est prévue à 1,8% par an et sur une période de trois ans, alors que le ministère du budget prévoit d’ores et déjà une hausse des prix à 2,5% pour 2009. Ces mesures sont de nature à affecter négativement et de manière sensible les résultats de l’entreprise, qui seront également touchés défavorablement par la baisse de l’euro face au dollar si celle-ci se poursuit. Ces deux facteurs sont susceptibles de créer une situation "préoccupante" en matière d’effectifs et de conditions de travail. Le PDG ne l’a pas caché lors du dernier Comité d’Entreprise qui a précédé le CA fatidique. Il est de notre devoir de syndicats d’en savoir plus sur la situation de l’emploi. Il est de notre devoir de journalistes d’en savoir plus sur ce que le pouvoir actuel veut faire de l’Agence France-Presse. Il a été annoncé que le PDG était invité à faire des propositions à marche forcée pour la fin du premier trimestre 2009, afin d’introduire un ou des "actionnaires stables". Sans même s’attarder sur la notion "d’actionnaire stable" par les temps qui courent, le passage à une société par action modifie par définition la finalité même de l’AFP. Un actionnaire investit et cherche légitimement un retour maximum sur son investissement. Cela a inévitablement des conséquences rédactionnelles dans une entreprise comme l’AFP. Sur le long terme, personne ne peut garantir où se retrouveront les actions. Et faire croire le contraire en invoquant un actionnariat des salariés, relève dans le cas d’une entreprise endettée et peu susceptible de rapporter des dividendes conséquents, de la supercherie pure et simple. Les exemples de grands journaux parisiens ont montré que le pouvoir des "actionnaires" salariés est largement virtuel. Paradoxalement, c’est sous le gouvernement Jospin qu’on voulait à toutes forces nous privatiser par dogmatisme libéral. A l’époque c’est dans l’escarcelle de Jean Marie Messier que nous devions finir. On voit où on en serait, si le personnel ne s’était pas battu victorieusement contre ces menées. Aujourd’hui, les actionnaires ou l’actionnaire "stable" peut aussi être directement l’Etat. Avec quels buts ? Avec quelles tentations ? Les récentes offensives du parti majoritaire ne laissent rien présager de bon. Le statut actuel a incontestablement des aspects obsolètes et leur dépoussiérage, si possible par voie réglementaire, est nécessaire. Le Conseil d’administration a ainsi été plus souvent un obstacle au développement de l’AFP qu’un moteur. S’attaquer au statut de 1957, c’est livrer la question au Parlement. Celui d’aujourd’hui. Et la question devient politique. Alors sans qu’il soit question de "vache sacrée" ni de "ligne Maginot", il est légitime de se demander dans quel état ressortira l’agence de la moulinette parlementaire et d’éprouver des réticences à détruire ce que des gens qui n’étaient pas totalement idiots ont mis 10 ans à élaborer dans les années 50. Les techniques étaient autres, les vecteurs moins nombreux mais la problématique de fond des rapports du pouvoir, de l’argent et de la presse était la même. La France a voulu depuis 50 ans disposer de sa propre information et en faire profiter le monde entier mais elle a toujours négligé de s’en donner les moyens. Les bouts de ficelles et le système D ont permis de tenir jusque là et qui plus est brillamment souvent. Mais à l’heure où les techniques exigent des investissements et des compétences, la question de la pérennisation du financement revient avec plus d’acuité encore. Le schéma suggéré par le PDG lui-même d’un financement par une Fondation nous parait une voie possible et saine. Une Fondation vouée à "la collecte et la diffusion d’informations pour la défense de la liberté et de l’indépendance de la presse et l’éducation citoyenne pour le fonctionnement des sociétés démocratiques", pourrait parfaitement contribuer au financement et aux investissements de l’AFP, aussi bien pour l’accomplissement de sa mission d’intérêt général que d’aide au développement de la presse. Charles Havas déjà considérait qu’il fallait " aider la presse à vivre pour pouvoir en vivre ". Aujourd’hui, l’AFP lance un portail internet vidéo avec et pour la PQR, après avoir contribué notamment à l’informatisation de la presse. Et avec une telle Fondation, une réforme du statut stricto sensu n’a pas de caractère d’urgence et peut-être envisagée avec toute la sérénité nécessaire, en exploitant notamment les possibilités offertes par des filialisations intelligentes et surtout bien contrôlées, contrairement à ce qu’on a pu voir dans le passé. (SNJ-AFP) le 29 octobre 2008 |