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Les blocages sont le fait de la direction, pas des syndicats ! (communiqué SNJ, CFDT et FO)Le PDG vient d’adresser un message à l’ensemble de la rédaction prétendant en substance que "des projets importants pour l’Agence et ses personnels sont au point mort" du fait de vos représentants syndicaux. C’est une contre-vérité affirmée avec un aplomb certain. En fait, c’est la direction qui bloque toute avancée et refuse toute négociation ! Sans développer à l’excès voici ce qu’il en est : - Sur le déménagement rue Vivienne : les "partenaires sociaux" NE refusent PAS un éventuel déménagement. Ils se heurtent simplement à un discours souvent incohérent, changeant, parfois léonin de la direction, comme lors du CE où le nouveau DRH a essayé de modifier le sens du vote de vos représentants. Ils avaient accepté de voter la signature d’un bail pour les locaux de la rue Vivienne et on a tenté de leur forcer la main, en affirmant qu’ils avaient voté pour un transfert de la rédaction dans ces nouveaux locaux ! C’est précisément un transfert pur et simple sans aucune cohérence ni adaptation à la nouvelle organisation rédactionnelle multimédia que les syndicats ont jugé hâtive. Alors qu’on nous a dit qu’il s’agirait d’installer les desks (l’editing) à la rue Vivienne, on a vu qu’en fait des services de production comme la vidéo, la photo, le sport ou l’infographie y seraient mutés. Alors qu’on peut se demander si la coordination entre photo, vidéo et services de production texte n’est pas plus importante que la proximité des desks ! Que la rédaction en chef y serait alors qu’elle est aussi nécessaire à la production qu’à l’édition... Que certains services allaient être déménagés en entier (sport, photo) et d’autres coupés en deux (économique...) sans nous dire, comment ils seraient coordonnés, ni des écrans communs de ressource utilisés par exemple. On ne nous a pas dit comment serait organisé le flux rédactionnel lui-même (agglomération des différents "produits" au desk ou vérification d’un produit multimédia déjà aggloméré par les desks avant envoi définitif au client) ? Il est normal dans ces conditions que le CHSCT "refuse" de se réunir pour approuver une installation qui n’est qu’un "fait générateur" d’une réorganisation complète de l’entreprise et dont on ne sait à peu près rien au niveau des conditions de travail ! C’est son obligation de fonds et la loi lui en fait obligation (art L 4612-10 et 4614-12 du Code du Travail). D’autant que la direction lui a d’abord demandé de se prononcer sur le déménagement d’un seul service (les sports) sans même savoir ce qu’il y aurait autour avant de se raviser et de proposer un ensemble loin d’être abouti. La direction n’a rien trouvé de mieux que de faire un procès au secrétaire du CHSCT qui n’a fait que son devoir. Au risque de perdre de l’argent, de poursuivre dans l’incohérence (la direction a demandé un référé puis a prié le tribunal de surseoir... ) et surtout de judiciariser des relations sociales tendues en ce moment, en raison des menaces politiques contre l’agence. Car les syndicats aussi pourraient traîner la direction devant des tribunaux. Ce qu’ils se sont refusés à faire pour le moment... Il est inadmissible de la part de la direction de faire un chantage aux subventions pour le 4XML et de parler du bail écoulé du palais Brongniart qui cessait le 31 octobre. Son allusion au soutien de l’Etat conditionné par des "locaux adaptés" est une pure invention d’autant plus absurde que les locaux de la rue Vivienne ne sont pas adaptés !!! Pour le reste, il suffit de déménager PROVISOIREMENT les services qui sont aujourd’hui au palais Brongniart et à la rue de la Bourse, dans les locaux de la rue Vivienne et de préparer un déménagement réfléchi et cohérent des parties de la rédaction nécessaires au fur et à mesure de l’avancée des travaux et de la réflexion sur la création d’une "grande agence multimédia". De ce point de vue, l’appel légal et rationnel à un expert sur l’introduction de nouvelles technologies de la part du CE est plus que logique et cohérent. Il est faux de dire que l’expertise n’est pas limitée dans le temps. Elle se fera en deux temps et la première partie devrait pouvoir s’achever en janvier. Mais bien sûr, il est impossible de préjuger des résultats de cette expertise, comme voudrait le faire la direction en faisant comme si de rien n’était. - Sur le plan de départ éventuel volontaire sous forme de PSE (Plan de "sauvegarde" de l’emploi). Là aussi c’est la Direction qui bloque tout alors qu’elle est pourtant à l’initiative de l’opération ! Depuis l’été dernier ! Elle a d’abord fait des propositions véritablement "ubuesques" illégales et absurdes. Le PDG revient dans son communiqué à des conditions inacceptables en voulant limiter à 25 mois l’indemnité de départ légale. C’est inadmissible par la Commission arbitrale des journalistes, qui garantira les conditions de départ aussi bien pour les salariés concernés que pour l’employeur. Si la direction veut limiter les indemnités, qu’elle les limite donc d’une autre façon. Mais qu’elle reste dans la légalité. Et il est odieux là aussi de faire un chantage à la provision pour plan de départ. Car c’est elle même qui veut un plan de départ, et comme elle le dit, les comptes 2010 risquent d’être mauvais. Donc la probabilité d’un plan de départ PSE est d’autant plus élevée. Mais cette fois, il se ferait dans l’urgence et encore plus de douleur qu’aujourd’hui. Ce blocage est incompréhensible, d’autant que la loi oblige aussi à la signature d’un "plan senior" avant 2010, qu’il est difficile d’évaluer sans terminer le plan de départ éventuel. - Sur les CDD aussi la Direction se montre autiste. Les syndicats ont traduit l’indignation générale et spontanée manifestée dans l’agence contre la précarité. Là aussi toute discussion est suspendue de son fait. Les syndicats demandent des listes des précaires avec notamment des dates permettant de prendre en compte leurs ancienneté dans toutes les fonctions (CDD, pigistes, statut local) afin de pouvoir définir des critères objectifs d’un ordre de permanisation. La direction s’y refuse. Vos représentants font aussi valoir que 17 titularisations d’ici à fin 2010, c’est le nombre quasi normal de permanisations "naturelles" sur cette "période". Sous réserve bien sûr des départs avant 70 ans. Le mouvement a abouti à un résultat mais pas au point de remettre en cause l’emploi systématique de précaires sur certains postes. Les syndicats demandent 30 permanisations d’ici à 2011. Il est clair que sans être directement lié, l’application d’un plan de départ dans de bonnes conditions, permettrait de nouvelles embauches de journalistes encore mieux qualifiés pour certaines nouvelles tâches. - Enfin, en ce qui concerne le statut : toutes les organisations syndicales, et sans doute une écrasante majorité du personnel, ne souhaite pas l’AFP voir transformée en société par actions. On sait tous qu’elle sera "publique" dans un premier temps (ce qui est déjà catastrophique pour notre crédibilité et notre clientèle) et qu’elle sera privatisée ensuite, grâce à la sous-évaluation de son capital et du "ménage" social qu’il est prévu d’y faire au cours de la courte période d’étatisation. Il ne s’agit pas de s’arc-bouter sur le statut de 1957 tel qu’il est mais il faut défendre l’outil d’information, de connaissance et de citoyenneté que représente l’AFP, structurellement indépendante grâce à un statut la faisant exister sans autre propriétaire que le peuple français. Un seul point d’accord avec la direction : reprenez les négociations ! le 16 novembre 2009 |