Section Agence France-Presse du Syndicat national des journalistes

SNJ-AFP

Agence France-Presse Branch of the French National Journalists' Union (SNJ)

Elections professionnelles



 

Profession de foi 2011

PDF - 111.6 ko
Profession de foi Elections 2011
A imprimer et faire circuler

Vous êtes appelés à choisir vos représentants dans les instances sociales inscrites dans la loi grâce aux efforts et aux luttes de ceux qui vous ont précédés. Pour vous-mêmes et pour ceux qui suivront, faites-le ! Cela prend deux minutes de voter en ligne.

Ne méprisez pas et ne gâchez pas vos droits et vos moyens de vous faire entendre en vous abstenant, en vous croyant plus fort et plus capable seul(e). Dans l’ensemble de la presse et à l’AFP, nous vivons un tournant technologique qui donne lieu à une redistribution des cartes et des métiers. Votre syndicat, le SNJ, premier syndicat de journalistes du pays, est l’outil le plus adéquat pour défendre votre statut, un niveau de vie décent et le droit d’informer.

Au cours du mandat qui prend fin, vos élus ont su empêcher que l’agence ne devienne une société par actions, s’opposer à un examen hâtif d’une réforme imparfaite du statut, imposer que sa mission d’intérêt général reste primordiale pour contribuer à l’exercice de la citoyenneté et de la démocratie dans le monde, interpeller sur de graves dérives rédactionnelles et malgré la précarité dans notre profession, peser pour que l’agence embauche peu ou prou.

Du 4XML à l’IRIS : quelle place pour les journalistes dans l’agence de demain ? L’agence prend vaille que vaille le tournant indispensable du multimédia, que nous pratiquons chacun dans notre coin depuis des années mais que nous avons du mal à mettre en musique. Pour une étape aussi importante, face aux enjeux techniques, commerciaux et politiques, compte tenu de la place et du statut particulier de l’agence, direction et syndicats devraient au moins tirer tous les avantages d’unvrai dialogue social et rédactionnel.

Malheureusement, la direction préfère souvent attendre des rappels à la loi ou des rapports de force pour avancer. C’est une mauvaise politique menant à des tensions, des gabegies, des accusations infondées contre vos syndicats et aussi aux surenchères de certains boutiquiers. Les exemples abondent : le déménagement calamiteux, l’introduction maladroite du multimédia au desk Afrique, les situations insupportables des CDD, pigistes et locaux, les nouvelles conditions non négociées des expatriés, le statut des locaux régionaux, l’utilisation des compétences, notamment des seniors, les surcharges de travail en production, les salaires stagnants, les droits d’auteur ignorés...

L’affaire du déménagement, une illustration caricaturale : Un volontarisme forcené et un autoritarisme sourd à toute suggestion ont mené la direction à refuser d’installer rapidement (et en économisant sur des baux) les services administratifs et commerciaux à Vivienne. Au lieu de cela, sous prétexte de multimédia mais sans réflexion réelle ni concertation, on a déplacé "tels quels" dans des locaux inadaptés des desks et des services de production, sous prétexte de les rapprocher, sans se demander quels rapprochements étaient les plus utiles pour créer des synergies. Il faut aujourd’hui limiter les dégâts et penser à une production coordonnée et rationnelle autour d’un pôle technique de l’image installé à grand frais à Vivienne. La priorité n’est pas que l’édition, comme semble le penser une partie de la direction. C’est la collecte de l’information. Ce qui guide notre travail, ce sont les faits. Le SNJ s’est assez engagé pour le développement multimedia, notamment de la vidéo pour ne pas être accusé aujourd’hui d’être "passéiste" ou rétrograde.

La mauvaise gestion de l’introduction de la console multimédia au desk Afrique a suscité scepticisme et rejet là où il aurait fallu de la curiosité et de l’intérêt. Tout s’est accumulé dans le contexte du déménagement : la charge de travail à cause des événements dans le monde arabe et africain, le manque d’effectifs, l’absence de perspective pour les journalistes seniors, privés même de possibles reportages... Les journalistes de l’agence rechignent rarement aux surcharges de travail quand l’actualité l’exige. Mais ils ne veulent pas faire de l’abattage d’infos multisupports, sans choix ni réflexion "à effectifs constants" avec la précarité comme stimulant.

D’autant que nos conditions salariales ne permettent pas d’exiger de travailler plus pour gagner moins. Ce que nous faisons depuis trois ans. Le SNJ et la CFDT ont obtenu que la somme ridicule de l’augmentation de la grille des salaires de la presse nationale (PQN ex-parisienne) soit équitablement répartie entre tous. L’accord national prévoyait beaucoup pour les catégories les mieux payées de l’agence et rien pour la plupart des journalistes ! Certains, qui disent défendre les journalistes, écoutent d’autres maîtres à qui l’inéquité profite... Défendre notre niveau de vie, notamment en acceptant l’expatriation qui est aussi une de nos motivations, est une des raisons d’être de votre syndicat. Pour notre profession, c’est aussi une garantie de pouvoir donner une information honnête, comme le souligne la Charte des journalistes actualisée cette année par le SNJ.

Tout comme le droit d’auteur des journalistes salariés est non seulement une possibilité d’arrondir nos revenus et de mieux protéger nos écrits mais aussi une reconnaissance du caractère créateur et intellectuel de notre métier. A l’agence, l’actuel PDG parle enfin de nous reconnaître ce droit, après les années de lutte en ce sens menées par le SNJ. C’est d’autant plus urgent à l’AFP que des droits sur la photocopie sont perçus et non répartis, que certains photographes touchent des droits d’auteur, ce qui mène à une inégalité de traitement, que la pratique croissante de l’image animée (dont les webclips coincés en cours de négociation par la direction) appelle un accord rapide, sous peine de crises et de procès. A notre sens, un tel accord doit prévoir une mutualisation des droits patrimoniaux entre tous les journalistes à quelques exceptions près.

Enfin, le SNJ appelle à la conclusion rapide des négociations sur la précarité. Même si elles ne reprennent pas toutes nos revendications, ces négociations entamées depuis janvier devraient déboucher sur la titularisation d’une trentaine de CDD, ex-CDD envoyés en local à l’étranger et pigistes, notamment ceux de la banlieue parisienne, ainsi que la création d’un revenu minimum garanti pour certains pigistes photo, vidéo et texte. Ceci donnera enfin une visibilité à de nombreux jeunes journalistes qui enchaînent depuis trop longtemps les petits contrats. Au-delà de ces chiffres, le SNJ insiste pour des règles claires qui évitent de reproduire à l’avenir une telle précarité.