Section Agence France-Presse du Syndicat national des journalistes

SNJ-AFP

Agence France-Presse Branch of the French National Journalists' Union (SNJ)

Actualités et opinions



 

2e tour des élections CE/DP : Votez SNJ pour défendre l’AFP, sa mission et sa rédaction

Le premier tour des élections professionnelles a confirmé le SNJ comme premier syndicat de la rédaction de l’AFP avec 26,60% des suffrages exprimés (titulaires au comité d’entreprise).

La section AFP du Syndicat national des journalistes remercie ceux qui lui ont accordé leurs suffrages dès le premier tour et les invite à confirmer leur choix au second, qui se tient jusqu’au 23 septembre.

Les journalistes qui n’auraient pas encore pris part au scrutin ont une nouvelle occasion de le faire : nous les invitons à se mobiliser et à conforter un syndicalisme indépendant, efficace et responsable en choisissant des élus au comité d’entreprise et des délégués du personnel issus du SNJ. Nos candidates et candidats vous ressemblent et sauront vous représenter dans votre diversité : elles et ils sont actifs en production comme à l’édition, à Paris, en province et de Washington à Islamabad, en français et anglais, en texte mais aussi en vidéo...

STATUT

Au cours du mandat qui s’achève, vos élus, en particulier ceux du SNJ, ont su empêcher que l’Agence ne devienne une société par actions (projet de Pierre Louette), puis dernièrement s’opposer à un examen hâtif, sans concertation avec le personnel, d’une réforme insatisfaisante du statut de 1957.

La proposition de loi Legendre, souhaitée par le PDG Emmanuel Hoog, ne nous paraît pas acceptable dans son état actuel.

Le SNJ est d’accord pour que la composition du conseil d’administration tienne mieux compte de la société civile d’aujourd’hui, et pour que les missions d’intérêt général (MIG) de l’Agence, qu’elle remplit depuis son origine, soient reconnues et affirmées dans son statut. Mais nous estimons qu’il est impossible de laisser dans l’imprécision, et à terme dans l’arbitraire, le choix de six personnalités, dont le futur PDG, appelées à entrer au conseil d’administration.

En outre, il nous paraît dangereux d’introduire la notion de contrat d’objectifs et de moyens (COM) dans le statut : nous y voyons le risque d’être assimilés à un organisme d’Etat, ce qui nous rendrait vulnérable aux accusations de la concurrence d’être des porte-parole du gouvernement français, et pourrait être contradictoire avec les exigences de Bruxelles. Enfin, nous voyons un péril mortel à définir d’une manière comptable et liée aux contraintes budgétaires le périmètre des MIG remplies par l’Agence, qui doit rester vouée à une mission fondamentale : l’information sans restrictions ni frontières, libre et impartiale.

Nous ne sommes pas hostiles a priori à une évolution de la gouvernance de l’Agence. Mais aucune réforme du statut n’est souhaitable sans une forte adhésion des salariés de l’AFP de même qu’un consensus politique très large dans le pays comme au sein de la représentation nationale. Le PDG devrait l’entendre plutôt que de réfléchir à une stratégie de lobbying dispendieuse et irrespectueuse des valeurs de l’Agence, comme vient de l’illustrer "l’affaire MEDIA9".

PRECAIRES, LOCAUX, EXPATRIES

Le SNJ a participé activement, au premier semestre, aux négociations sur la précarité, qui ont permis la titularisation de 15 CDD ou journalistes en statut local à l’étranger (10 en juillet et 5 en janvier prochain) au sein d’un pool de remplaçants, la création d’un pôle Ile-de-France permettant la permanisation de plusieurs pigistes de banlieue ou CDD et l’instauration d’un minimum mensuel garanti pour des pigistes réguliers photo et vidéo (des négociations étant prévues à l’automne pour ceux du texte).

Pour autant, cet accord ne met pas fin à la précarité accumulée ces dernières années à l’Agence. Nous demandons à ce que la direction trouve au plus vite une solution pour les précaires les plus anciens qui n’ont pas été intégrés dans le pool ainsi que pour certains pigistes de banlieue qui risquent de se retrouver sans perspective.

Le SNJ réclame aussi des règles encadrant l’envoi de jeunes journalistes en statut local à l’étranger. Il n’est pas acceptable que des journalistes envoyés en Afrique perdent leurs droits sociaux et la carte de presse française sous prétexte qu’ils ne seraient plus employés au siège. Ceux qui le souhaitent devraient aussi avoir une perspective de titularisation en statut Siège au terme d’un délai raisonnable, au bout de trois ou quatre ans.

Les syndicats doivent défendre également locaux et régionaux (qui n’ont malheureusement pas le droit de vote à ces élections), souvent dans une position fragile face aux directions régionales, comme en témoigne par exemple le turnover ces dernières années côté anglophone en Asie. La transformation des postes Siège en régionaux ou locaux est également une tendance préoccupante, notamment chez les anglos. Enfin la direction doit rediscuter avec les syndicats des nouvelles conditions d’expatriation, qui suscitent beaucoup de mécontentement. Le SNJ a commencé à recenser les anomalies, et il continuera à le faire. Nous avons déjà obtenu des améliorations dans certains cas.

QUESTIONS REDACTIONNELLES

Premier syndicat des journalistes de l’AFP, le SNJ restera attentif aux questions éditoriales, dans un esprit de dialogue constructif et exigeant avec la direction. Il veillera à ce qu’une réelle concertation précède les décisions d’ordre rédactionnel. Ce qui n’a pas toujours été le cas. Il est par exemple regrettable que la direction n’ait pas tenu compte du grand scepticisme de responsables de la rédaction sur l’"exclusif AFP". N’est-ce pas une de nos raisons d’être que de donner l’info en premier ? A quoi bon un "exclusif" montrant nos muscles pour une durée souvent limitée à quelques minutes, vu la concurrence acharnée qu’on observe tous ? Notre visibilité sur les bandeaux des chaînes d’info en continu, argument tout à fait recevable, ne serait-elle pas aussi grande avec un simple (AFP) ou (à l’AFP) en source dans l’alerte ?

Le SNJ ne conteste pas la nécessité de promouvoir notre marque auprès du grand public, notamment via les réseaux sociaux. L’autopromotion doit néanmoins avoir des limites strictes, même en période de grand événement sportif comme le Tour de France... Et une dépêche sur l’activité de l’AFP ou de son PDG doit répondre à la même exigence première que toutes les autres : l’information du public et du citoyen sans complaisance. La direction doit savoir qu’on se bat au quotidien pour ça dans la rédaction, qu’on résiste à nos interlocuteurs, qu’on sélectionne... Dans des équipes travaillant à flux tendu, soumises à un flot d’informations de plus en plus dense.

Ces questions rédactionnelles sont au coeur des préoccupations du SNJ, à l’origine des plus importantes avancées pour la profession depuis sa fondation en 1918. Elles doivent accompagner la révolution du multimédia, que l’Agence se doit de réussir pour assurer son avenir. A cette aune le système Iris, qui va bientôt être déployé, nous semble prometteur. Mais ce n’est qu’un outil, qui doit rester au service de nos besoins rédactionnels et ne doit pas menacer efficacité et rapidité dans notre travail.

Sur ce sujet comme sur bien d’autres (salaires, droits d’auteur dont la négociation va s’ouvrir après la conclusion d’un important accord sur la réalisation de webclips, travaux au siège...), soyez assurés que nous resterons vigilants.

Mais notre efficacité dépendra de notre légitimité, donc de vos suffrages : journalistes, votez pour votre syndicat, le SNJ !

le 31 août 2011