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Bonus : Le PDG reçoit le message... mais l’ignore

Le PDG a réitéré mercredi devant les organisations syndicales ses justifications - déjà connues - sur l’attribution des "bonus". Le PDG, nettement embarrassé par le résultat du vote massif (92,85% de "oui") de la motion de défiance, reconnaît avoir bien "compris l’ incompréhension" - ce qui relève de l’euphémisme - du personnel : "Le résultat - du vote sur la motion de défiance - est clair, visible, manifeste... c’est un vote que je comprends très bien... une décision qui choque profondément la culture majoritaire de l’agence..."

Allant jusqu’à admettre : "J’ai fait quelque chose de malhabile".

Mais quelles conclusions en tire-t-il ? "On a des raisons pour le faire et il y a des gens qui pensent qu’on avait tort".

Tout est dit. Le PDG persiste et signe. Il se borne à "prendre acte" du fait que cela a choqué le personnel. Il poursuit son chemin et justifie sa décision, se livrant de nouveau à un amalgame entre ces sursalaires contestés et l’intéressement contractuel des commerciaux aux résultats, qui n’a jamais été mis en cause.

On vous fait l’économie des justifications déjà servies sur l’intranet et à la Société des journalistes.

Les syndicats ont rappelé l’exigence du personnel d’une véritable opération vérité sur ces sursalaires, l’exigence de l’abolition de ce système et que la direction donne à l’Agence et à ses personnels les moyens humains et matériels indispensables à ses missions. Séquence dialogue de sourds.

Seule nouveauté : le PDG a annoncé qu’il allait fournir au prochain Conseil d’administration un document sur "les rémunérations, supérieures, exceptionnelles, variables, avec des chiffres, quelque chose de clair". Que ce document, sous une forme non précisée, pourrait de même être communiqué au Comité d’entreprise.

Des syndicats ont fait valoir qu’une grande partie du personnel ne comprendrait pas que ces "bonus" illégitimes ne soient pas rendus par leurs bénéficiaires et mieux utilisés pour les besoins de l’AFP. Le PDG, sur un ton ironique, a évoqué la possibilité de solliciter l’avis du CA sur ce point.

Pour l’essentiel, Bertrand Eveno confirme sa logique d’intéressement aux résultats pour des non commerciaux : "Il faut -pour l’AFP- une adaptation aux temps modernes. Il y a un choc des cultures confronté à la répartition des ressources. On a pris une décision d’affectation. L’Agence dégage des ressources : on les met où ? Parlons de la répartition : est-ce qu’on en met un peu sur le fil général ? Sur le technique ?"

On n’en serait pas là s’il avait fait ça avant.

Face à la demande, contenue dans la motion de défiance, de l’embauche immédiate de CDD, le PDG a répondu par une boutade qui augure mal d’éventuelles négociations, en déclarant : "On passe là de la motion de défiance à la motion de censure !"

Cela signifie-t-il que sa seule réponse sera de mettre son poste dans la balance pour toute réponse à la revendication du personnel ? Autrement dit : mon diktat ou le chaos ?

Bertrand Eveno avait pourtant assuré en arrivant à l’AFP qu’il savait qu’on ne pouvait diriger une entreprise CONTRE son personnel ! Il appartient maintenant aux salariés de le lui rappeler.

Les organisations syndicales vont se réunir pour appeler à une nouvelle Assemblée générale pour décider ensemble de la réponse que les salariés de l’Agence entendent apporter à cette fin de non-recevoir.

Intersyndicale CFDT-CGT-SNJ-FO-SUD

le 29 septembre 2004