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Primes, rotations et action syndicale
Ainsi, une Direction qui vend l’immeuble de l’AFP, qui oblige les bureaux à travailler dans des conditions de plus en plus dures par manque de personnel et de moyens, enfin qui a purement et simplement annulé les primes et promotions des journalistes en 2003 pour ne concéder que quelques saupoudrages cette année, a réussi l’exploit d’attribuer des "bonus" de 65 000 euros à deux journalistes, dont le directeur de la photo. Combien de primes mensuelles pour ceux qui prennent vraiment les risques et font la richesse de l’agence, combien de CDD titularisés aurait-on pu financer avec une telle somme ? Qu’une partie de ces libéralités soient justifiée par l’obtention de nouveaux contrats pour le service Photo, on peut même l’admettre - mais en principe ce sont les commerciaux qui sont rémunérés en commissions, et non les journalistes. C’est un mélange des genres bien regrettable. Et puis pourquoi tant de mystère ? Il a fallu que des syndicats dévoilent l’affaire pour qu’on sache. Après ça, des administrateurs du CA mettront en cause "la masse salariale" ô combien "colossale" qui serait perçue par le personnel de l’AFP alors que seuls certains en profitent... Et que le PDG se réfère pour expliquer ce système de bonus au fait qu’il a été mis en place sous la présidence d’Eric Giuily, n’est pas une excuse. Giuily, rappelons-le, voulait privatiser l’AFP pour nous adosser à Vivendi après avoir fait un plan social géant, et ce en pleine période de gonflement de la bulle Internet. Aujourd’hui, alors que ladite bulle a fait pshuit depuis belle lurette et que ce qui reste de Vivendi annonce des pertes pharaoniques, on peut mesurer à quoi nous avons échappé grâce à l’action syndicale à cette époque. Nul doute que dans l’esprit de Giuily, le système de primes spéciales accordées à la Direction tenait lieu de "stock options" à la sauce AFP : furieusement tendance dans la perspective d’une privatisation, mais totalement contradictoire avec les us et coutumes de notre agence et avec sa situation financière. Là où des actionnaires peuvent éventuellement s’opposer aux abus pratiqués par des J2M ou d’autres PDG peu scrupuleux dans d’autres entreprises, pour l’AFP seul le personnel et dans une moindre mesure l’Etat peuvent mettre le holà aux "rémunérations démesurées". Elles sont soit disant "justifiées" par "l’absence d’indexation" de salaires des directeurs et une gestion "différente" des RTT, selon le PDG. A l’approche de la vente effective de notre immeuble qui doit être signée fin septembre et de la rentrée d’argent frais qui va suivre dès octobre, on ne peut que craindre pour la suite. La confiance dans la direction et dans sa volonté de sortir notre entreprise de sa crise chronique est mise à mal et le soupçon (justifié ou non) d’avoir affaire avec une bande de profiteurs a fait florès dans la rédaction. C’est pourquoi, lors de la réunion du CE de la semaine dernière, les syndicats ont été unanimes à exiger que le PDG communique à l’expert comptable du CE, le montant total des primes versées et le nombre total de directeurs et de la directrice-adjointe concernés par le système des boni-Giuly. Et pas uniquement les primes accordées aux seuls directeurs journalistes. Assemblée généraleDevant l’indignation générale soulevée dans la maison, le SNJ a décidé avec les autres syndicats de toutes les catégories d’appeler à une Assemblée générale du personnel le lundi 27 septembre à 14 heures au siège parisien. Le SNJ a proposé aux autres syndicats que au cours de cette AG le personnel soit appelé à :
En attendant une réponse que nous espérons rapide de la part du PDG, le "syndicalisme d’investigation", comme l’appelle Bertrand Eveno, continue ... Revaloriser le travail des desksPar delà une attitude de refus du desk qui a indigné une partie de la rédaction, la réticence des "mutés malgré eux" au bout de dix ans dans une rubrique pose quelques problèmes de fond. Ce serait une erreur de réduire ce genre d’affaire à de simples questions de personnes, qui n’ont pour effet que de nous dresser encore un peu plus les uns contre les autres. La logique d’un système à deux vitesses - des emplois "star" d’une part, et des tâches perçues comme ingrates - est justement de se renforcer grâce à la création d’un cercle vicieux. Plus on considérera certains services comme des voies de garage, plus il sera difficile d’appliquer une rotation qui est dans l’intérêt de tous. A voir le nombre de nominations "de poste à poste", le nombre de journalistes de retour au siège prêts à beaucoup pour éviter le desk, à voir enfin le nombre de gens maintenus dans certains services pendant fort longtemps, on voit bien que deux principes de base ne fonctionnent pas bien :
Le problème est ancien et les études et la littérature ne manquent pas sur le sujet au sein de l’AFP. Jusqu’à présent sans beaucoup d’application, même si une partie de la direction tente depuis un ou deux ans d’appliquer partiellement une rotation (sans compter les nombreuses exceptions qui ne confirment pas du tout la règle) en créant parfois des problèmes humains et des irritations compréhensibles. Mais sans s’attaquer au rôle des desks dans le processus rédactionnel. C’est pourquoi il nous semble urgent de revaloriser le travail des desks afin de le rendre plus intéressant et plus attrayant. Les journalistes concernés pourraient être beaucoup plus impliqués et responsabilisés dans le traitement de leur région ou de leur spécialisation. Sans diminuer en rien le rôle de la rédaction en chef, leur relation avec les producteurs pourrait être intensifiée. Le recours à leurs compétences et connaissances généralisé. Le rôle des rédactions en chef, dont le gonflement en effectifs a encore diminué les responsabilités des desks pourrait aussi être revu pour alléger certains aspects et laisser plus de place à des préoccupations plus stratégiques. Réunion "DPJ" et permanence syndicaleDans la perspective de la prochaine réunion statutaire entre la Direction et les délégués du personnel journaliste, qui aura lieu le jeudi 30 septembre, notre permanence parisienne mensuelle aura lieu ce vendredi 24 septembre de 14 à 16 heures dans la salle du CE au premier étage. Si vous souhaitez qu’on intervienne auprès de la Direction, ou que vous voulez nous contacter pour toute autre raison - y compris pour adhérer - venez nous voir ou contactez-nous à l’adresse collective indiquée en bas de page. Les syndicats ne peuvent vivre que par vous et pour vous. Pour sortir de l’individualisme et du chacun pour soi, appuyez-vous sur le SNJ, et rendez le plus fort ! SNJ-AFP le 21 septembre 2004 |